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"Dans les règles de l'art"

Dans le cadre d’un atelier de pratique artistique à destination des étudiants de l’Institut de Sciences Politiques de Nancy, Perrine Maurin, directrice de la compagnie les patries imaginaires, présentait à ses stagiaires, le 1er octobre dernier, les règles de l'art. Certains d’entre eux ont volontiers fait part de leurs réactions dans Raisonnances, le bulletin de liaison des usagers du CCAM. 

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Conf'n'roll au Centre Pompidou-Metz le 27 mars

La compagnie les patries imaginaires jouera Les règles de l'art suivi de Résister à la chaîne au Centre Pompidou-Metz dans le cadre de la programmation Studiomatic, en partenariat avec Fragment.

20h : Les règles de l'art

« Qu'est-ce qui fait que l'œuvre d'art est une œuvre d'art et non une chose du monde ou un simple ustensile ? Qu'est-ce qui fait d'un artiste un artiste, par opposition à un artisan ou à un peintre du dimanche ? Qu'est-ce qui fait qu'un urinoir ou un porte-bouteille exposés dans un musée sont des œuvres d'art ? Le fait qu'ils sont signés de Duchamp, un artiste reconnu, et non par un marchand de vins ou un plombier ? » Pierre Bourdieu, Les règles de l'art

Didier Aubert, sociologue, entame sa conférence sur « les règles de l’art » à travers la figure du critique d’art. Très vite, ses thèses sont contredites par un auditoire peu discipliné… Comment l’autorité de parole peut-elle vaciller ? Par quels biais éveiller l’esprit critique du public ? Comment basculer dans une parole ludique et engagée, jusqu’au détournement ? S’appuyant sur un montage de textes variés, sur des extraits audio ou vidéo, les règles de l’art décortiquent avec jubilation les mécanismes séparant l’art de la vie.

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© Photogramme : Lino Tonelotto

 

21h30 : Résister à la chaîne

Ce "concert documentaire" est issu de la lecture de l’ouvrage « Résister à la chaîne », une suite d’entretiens de Michel Pialoux avec Christian Corouge, ouvrier syndicaliste, rentré à 17 ans à l’usine et membre du groupe de cinéastes Medvedkine. Insoumis dans son entreprise, dans son syndicat et dans son rapport à la culture, le livre retrace l’itinéraire de cet homme singulier. Il ne s’agit pas ici de représenter Christian Corouge, mais plutôt de faire entendre sa langue, son univers, son parcours à travers la force narrative d’un travail conjoint entre théâtre et musique... Résister à la chaîne est une forme spectaculaire qui retrace le parcours d'un homme atypique, engagé, tout en étant porte-parole de milliers d'hommes et de femmes broyés par un monde du travail impitoyable. Un portrait poétique et politique d'une saisissante actualité en somme...

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© Jacky Joannès

Infos pratiques ///
Le 27 mars à partir de 20h au Centre Pompidou-Metz
Tarifs : 10 euros / 5 euros
Centre Pompidou-Metz - 1, parvis des Droits de l'Homme - Metz
www.centrepompidou-metz.com

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8 avril, « Surveiller et punir », CCAM / scène nationale de Vandœuvre-lès-Nancy

Des artistes mettent leurs œuvres en regard avec « Surveiller et punir » de Michel Foucault

Au cours de cette soirée du 8 avril au CCAM, la compagnie les patries imaginaires et des artistes invités s’empareront des thématiques développés dans le texte « Surveiller et punir » de Michel Foucault : la société de surveillance, l’autorité, la discipline, le dressage... Concerts, installation plastique, photographies, performances se succèdent pour brosser le paysage contemporain de notre société de contrôle.

Déroulé de la soirée : 
20h : "Désobéir" avec Bastien Pelenc, perf voix/violon, texte "Les désobéissants du service public" in Les pieds sur terre de Sonia Kronlund ; 20h30 : "Touch me", performance de Gurshad Shaheman (auteur, performeur) et Lucien Gaudion (musique) ; 22h : "Polices !", lecture d'extraits du texte de Sonia Chiambretto par Mawen Noury, musique de Thomas Barrière et Guigou Chenevier ; 22h30 : "La Jetée", projection du moyen-métrage de Chris Maker

« Surveillance,
exercices,
manœuvres,
notations,
rangs et places,
classements,
examens,
enregistrements,
toute une manière d’assujettir les corps,
de maîtriser les multiplicités humaines
et de manipuler leurs forces s’est développée au cours des siècles classiques,
dans les hôpitaux, à l’armée, dans les écoles, les collèges ou les ateliers :
la discipline. »

Michel Foucault, « Surveiller et punir »

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"Les règles de l'art" les 27 et 28 janvier 2015 à Nancy

La compagnie les patries imaginaires a concocté, avec l’aide complice de Didier Aubert, professeur d’esthétique à Paris III, une conférence sur l’art qui se prolonge par un spectacle pluridisciplinaire (théâtre, vidéo, arts plastiques). Elitiste et ennuyeux ? Que nenni ! Cette forme originale vous réserve quelques belles surprises car elle s'intéresse à ceux qui ne savent pas parler, aux exclus du système policé de l'art… « Les poètes désarmés » qui ont, eux aussi, un esprit critique et... le sens de l'humour!

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La résidence au CCAM

Comment l’art se positionne face aux désordres du monde ? Comment s’emparer de la question de l’engagement sans tomber dans le didactisme fermé ? Que dit l’art de l’aggravation de nos conditions d’existence ?

Articulée autour des rapports art/politique, cette résidence a pour objectif de travailler avec des matériaux « les pieds sur terre » (documentaires, entretiens, rencontres sur le terrain…) dans un rapport étroit à notre contexte. Théâtre (et/ou musique, performance, littérature, photo, vidéo...) documentaire, politique, engagé... peu importe le nom, au fond.

Cette résidence de recherche artistique se déploie sur trois ans de manière souple autour d’expérimentations diverses, appelées « chantiers de recherches », avec des professionnels, des amateurs, des spécialistes dans une optique pluridisciplinaire de collaborations et de rencontres. Les chantiers s’inventent au fur et à mesure, et peuvent changer selon l’actualité, les conditions, les propositions...

La résidence de la compagnie les patries imaginaires au CCAM s’inscrit dans le dispositif développé par le Conseil régional de Lorraine pour soutenir des périodes de recherches artistiques.

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photo du spectacle "Contrôle" : Thierry Laroche

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À propos

"Les êtres humains ne perçoivent pas les choses dans leur totalité ; nous ne sommes pas des dieux mais des créatures blessées, des lentilles fêlées, capables seulement de perceptions fragmentaires. L’homme est un être partiel et partial. La signification est un édifice que nous construisons avec des fragments, des dogmes, des blessures d’enfance, des articles de journaux, des remarques de hasard, de vieux films, de petites victoires, des gens qu’on hait, des gens qu’on aime." Les patries imaginaires, Salman Rushdie

Approfondir la multiplicité de la nature humaine est un des principes fondateurs du travail de la cie. Le texte de Salman Rushdie évoque bien ce que l’humain a de composite, de décalé, de bric-à-brac. Notre rapport aux textes procède de cet « édifice » instable, où le fragment règne en maître. Collage, découpage, remontage, poétique du fragment, tels sont quelques-uns des axes artistiques de notre approche des textes sur le plateau. Des textes qui sont quasi toujours des textes littéraires ou des montages / réécritures de toutes origines.

Depuis notre résidence de recherche au CCAM/scène nationale de Vandoeuvre, la question du politique en art est devenue un axe majeur de recherche artistique avec le travail sur la musique live.

Nous avons également développé des installations, des dispositifs, des petites formes où les repères classiques de la représentation sont déjoués, modifiés. Nous souhaitons avant tout proposer aux spectateurs des expériences à vivre et pour cela nous « décalons » les habitudes et les codes de la fiction scénique. Nous privilégions généralement une relation proche, intime entre le public et le spectacle. Avec ce travail sur la place du spectateur, il s’agit de mettre en cause nos perceptions habituelles et les évidences qui nous aveuglent.

Brouiller les hiérarchies entre les genres, les frontières entre les arts, les évidences.
Construire une œuvre scénique, c’est pour nous chercher à toucher l’Autre dans le spectateur. Pour cela, nous alternons créations pour les scènes du spectacle vivant et formes plus petites, plus courtes, plus légères aussi, susceptibles de rencontrer des réseaux différents de diffusion, d’autres publics.

La compagnie transdisciplinaire les patries imaginaires a été fondée en 2003 par  Perrine Maurin, comédienne et metteur en scène, et Lino Tonelotto, plasticien, vidéaste et scénographe.

Depuis 2003, la compagnie est soutenue sur ses projets par : la DRAC Lorraine, le DI- CREAM, la DMDTS, le conseil régional de Lorraine, le conseil général de Moselle, la ville de Metz, la ville de Maxéville, la ville de Nancy.

La scène nationale de Vandœuvre-lès-Nancy / CCAM a soutenu tous nos projets (coproduction ou accueil).

La scène nationale d'Annecy, L’Espace Bernard-Marie Koltès / Metz, Le Carré des Jalles / St-Médard-en-Jalles, le CDN de Nancy-Lorraine / théâtre de la Manufacture et l’Arsenal / Metz ont également été coproducteurs de certains de nos projets.

Nous avons également joué au Centre Pompidou-Metz, à l’IUFM de Maxéville et Metz, au FRAC Lorraine / Metz, au TGP de Frouard, au MUDAM / Luxembourg, à la Kulturfabrik / Esch-sur-Alzette (Luxembourg), à la Philharmonie de Luxembourg, au VIVAT / Armen- tières, au festival Art et déchirure / Rouen, au festival de l’Arpenteur / Grenoble, au festival Premières du Maillon / Strasbourg, au festival Les Pontempeyresques / Usson-en- Forez, à Avignon Off / Espace Alya, à l'ABC/La chaud-de-fond (Suisse), à la Nef (Saint-dié-des-vosges), au musée des Beaux-arts de Nancy, à l'Ecole d'Architecture de Nancy.

Retrouvez toute l'actualité de la compagnie et nos créations sur www.patriesimaginaires.net

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photo du spectacle "Contrôle" : Thierry Laroche

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Contrôle

Résumé

À partir de différentes situations de contrôle, cette pièce explore ce qui nous pousse à « surveiller et punir » : pulsions, éducation, logique politique, lobby sécuritaire... Il s’agit d’interroger de manière sensible ce besoin de contrôle qui hante la société. Entre concert rock, théâtre documentaire et pièce dansée, ce voyage au sein des processus de normalisation nous plonge de manière troublante dans un univers de science fiction. Et pourtant il s’agit bien d’aujourd’hui… 

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"Contrôle tes émotions, contrôle ton rythme cardiaque, contrôle ton alimentation,
contrôle tes gestes, contrôle ton souffle, contrôle tes peurs, contrôle continu,
contrôle tes connaissances, contrôle ta vue, contrôle ton poids, contrôle ton travail,
contrôle le travail des autres, contrôle ton langage, contrôle-toi."
Perrine Maurin

Michel Foucault, « Surveiller et punir »

Le travail de Michel Foucault sur la normalisation a accompagné l’élaboration de « Contrôle ». Dans « Surveiller et punir » Michel Foucault explique comment la discipline et le contrôle se sont développés dans de nombreux domaines de la vie (école, famille, milieu professionnel, hôpitaux…) pour construire une société qui rejette tout ce qui est « non-conforme ». Ces processus de normalisation au profit du pouvoir sont aujourd’hui totalement intégrés à notre société qui fait, par exemple, de l’évaluation un passage obligé de notre développement. 

 

Le contexte en France

« Depuis dix ans au moins, la sécurité ne cesse d’être au cœur des préoccupations de la société civile et de l’État et se développe comme un élément central des politiques publiques. Durant cette période, les dispositifs de surveillance et les technologies de la sanction ont été renforcés comme les seuls moyens d’amélioration de la sécurité publique, que ce soit au niveau des politiques locales comme à celui de l’action publique de l’État, et ce, quelle que soit l’orientation politique du pouvoir en place. »

Phil Milburn, Surveiller et punir au XXIe siècle - les nouvelles technologies du contrôle social en France, in Journal des anthropologues (en ligne), 2007

 

Équipe /// Philippe Colin (création lumière), Vidal Bini (danse), Anthony Laguerre (musique), Ariane Lipp (production), Perrine Maurin (conception, mise en scène, textes), Gurshad Shaheman (dramaturgie, jeu, textes), Lino Tonelotto (scénographie, vidéo), Emilie Salquebre (vidéo), Mario Tonelotto, Adriano Prometti et Yannick Gérard (construction décor), Catherine Roulle (costumes et accessoires), Louis Dauber (assistant).

Soutiens /// Une coproduction de la compagnie les patries imaginaires, du CCAM / scène nationale de Vandœuvre-lès-Nancy et de La Nef, fabrique des cultures actuelles de Saint-Dié-des-Vosges. Avec le soutien de la DRAC Lorraine, du conseil régional de Lorraine, du conseil général de Moselle, de la ville de Maxéville. Avec le soutien du Conseil Régional de Lorraine pour l'aide à la diffusion en Avignon. du NEST / CDN de Thionville et du conseil régional de Lorraine dans le cadre des Plateaux lorrains au NEST / CDN de Thionville en juin 2014.

 

Découvrir le teaser de Contrôle.

Revue de presse de "Contrôle" au festival d'Avignon Off 

-       - « Les inrocks » article de Hervé Pons, le 16 juillet 2015 « Avignon. Under Control »

Vidal Bini et Gurshad Shaheman, les deux interprètes de “Contrôle,” le premier danseur et le second acteur, donnent toute son ampleur et sa chair à ce projet ambitieux de la metteuse en scène Perrine Maurin formée à l’excellence poétique et politique de Thierry Bédard.

Né de la rencontre entre Perrine Maurin et le musicien Anthony Laguerre, compositeur et batteur du groupe de rock Filiamotsa, Contrôle se donne pour mission d’explorer les zones bordées de la société, ou comment cette dernière glisse subrepticement du contrôle à la contrainte en passant par la surveillance.

Nous sommes en sécurité. Aujourd’hui, le contrôle est plébiscité par le plus grand nombre et devient un enjeu politique majeur. Le spectacle de Perrine Maurin, avec parfois des petits haussements d’épaules d’adolescent révolté, mais surtout avec une belle clarté et une dramaturgie balayant large, permet de correctement circonscrire la question initialement posée.

La voix de Foucault

Nous sommes en sécurité. Fortement inspiré et influencé par Surveiller et punir de Michel Foucault, dont on entend la voix, le spectacle fait l’inventaire des différentes zones de surveillance et d’espace punitifs : l’enfance, l’éducation, la norme, le corps, la pensée, l’industrie, la téléphonie, les réseaux, les nanotechnologies…

Tout va bien. Nous sommes cernés. Nous sommes en sécurité. Si le message est clair, l’intention didactique assumée, le supplément d’âme de Contrôle naît de la friction entre le théâtre et la danse, le texte et le corps, Vidal Bini et Gurshad Shaheman livrant sans détours la plus belle part de leur intimité et de leur humanité, chacun à l’endroit précis de sa pratique explorant à travers le prisme de l’art les différentes couches et sédimentation de la coercition. Ils nous surveillent, nous sommes en sécurité…

http://www.lesinrocks.com/2015/07/16/arts-scenes/scenes/avignon-under-control-11761144/

 - Blog « journaldeborduneaccro » article de Edith Rappoport publié le 21 juillet 2015« CONTRÔLE Avignon Off la Manutention »

Terrifiant spectacle que ce Contrôle interprété par 3 artistes hors pair, acteur, danseur et musicien déchaînés en scène. Surveiller et punir, cet adage de Michel Foucault traverse le spectacle de bout en bout , avec des montées apocalyptiques à travers des projections comme celle de l’exploitation inhumaine des employés d’Amazone ou encore la terrifiante dépendance des téléphones portables que l’on remplace dans une apocalypse de vieux rebuts de modèles disparus. On en sort remués, mais pas désespérés, la vitalité des acteurs ouvre une lumière au bout du tunnel.

Fondée en 2003, cette compagnie de Lorraine a travaillé sur le théâtre documentaire, Les pieds sur terre, Chantiers de recherche. Elle a mené à bien de nombreuses tournées.

https://journaldebordduneaccro.wordpress.com/2015/07/21/controle-avignon-off-la-manutention-19-juillet/

- I/O Gazette – la gazette du Festival d’Avignon In et Off Le 19 juillet 2015 Article publié dans I/O papier du 19/07/2015 article de Damien Chardonnet-Darmaillacq « Sous surveillances »

Né d’une rencontre entre la metteur en scène Perrine Maurin et le musicien Anthony Laguerre, « Contrôle  » revendique clairement sa filiation avec l’une des œuvres majeures de Michel Foucault, « Surveiller et punir  ». Si le contenu n’en est pas repris en tant que tel, les problématiques demeurent et cadrent la proposition  : quels sont donc ces mécanismes de mise en surveillance systématique qui innervent nos sociétés sous prétexte de satisfaire un besoin de sécurité sans cesse attisé par les appareils de contrôles, qu’ils soient économiques, politiques ou sanitaires  ? Sujet passionnant mais risqué, parce que finalement assez convenu dans ce qu’il trimballe de peurs elles aussi standardisées ou de fantasmes simplistes et parfois manichéens.

L’entrée en matière, nous a, à ce titre, un peu inquiétés  : sorte d’état des lieux des contrôles qui nous menacent, gravement énuméré au micro sur fond de rock sur dramatisant… Mais c’était aller un peu vite en conclusion et sans compter surtout sur l’intelligence du dramaturge et comédien Gurshad Shaheman et de son acolyte, le danseur Vidal Bini. À la gravité frontale de l’introduction succèdent bien vite subtilité, humour et rondeurs d’esprit. Le sujet prend corps et les degrés de sens se déploient dans un pas de deux parlé/dansé étonnant de finesse et d’efficacité. Si l’ensemble n’échappe jamais à un certain didactisme, la force des interprétations et la finesse de l’organisation dramaturgique permettent au spectacle de ne jamais s’enfermer sur lui-même. On respire, on rit, on réfléchit. La représentation terminée, on s’étonne qu’elle soit passée si vite. La salle, pleine, applaudit son plaisir sans retenue et semble repartir avec les bonnes questions en tête. Un succès heureux et mérité.

http://www.iogazette.fr/regards/2015/sous-surveillances

- Blog www.rueduthéâtre.eu article publié par Christophe Nonnenmacher le 18 juillet 2015 « When Darwin meets Amazon »

'Contrôle' : l'histoire d'une société en mode Disney. La nôtre, formatée, globalisée et englobante. Celles des Google, Amazon, Facebook. Une société de contrôle, de surveillance, de contrainte, asservie à une norme plus qu'à un corpus législatif. Une norme à laquelle nul n'échappe parce que reflet de règles ingérées, reproduites, consenties depuis l'enfance jusqu'àl'amnésie.

La loi ? Un cadre auquel il est toujours possible d'échapper, voire de s'opposer. La norme ? Une reproduction orwellienne en 2.0, où nul ne peut plus échapper à l'oeil des caméras, du profilage, du code barre, comme dans ces centres de stockage d'un géant de la distribution US. Produits, matériels, employés. Même les scans sont « flashcodés ». L'humain ? Nouvelle proie des biotech que l'on puce comme des biens, comme des arbres, comme des chiens. Rien n'échappe au scan. Pour le bien de tous, cela va de soi. Pour le bien de l'humain désireux de vivre au delà de ses limites, de connecter son âme au réseau au risque de la perdre. De vivre, longtemps, toujours plus longtemps en gommant ses maux génétiques jusqu'à en cacher, effacer, lobotomiser son humanité. Jusqu'à faire de celle-ci une sous-couche, un sous-genre d'une néo-humanité susceptible de renvoyer la précédente à l'ère du singe. Une sous branche depuis laquelle ceux qui auront refusé de se hisser seront condamnés à rester. A se laisser oublier, à se laisser mourir de darwinisme normatif, tels des citoyens de seconde zone auxquels ne sera plus permise d'évolution : sociale, professionnelle, matérielle, sentimentale... humaine. Parce que là est la force de la norme : la suivre, s'y conformer tel un tracé de manège chez Disney.

Contrôle ? Plus qu'une dénonciation, une forme de prophétie en cours d'exécution, dont les éléments s'entrechoquent dans un ballet rock. Contrôle ? L'opposition entre les mots doux, rassurants de la norme et nos libertés humaines. Paranaoïa ? Un mot lâché sur scène, qui ne résiste guère à l'épreuve des faits. Comme si la puce était déjà plus forte que la chair. Comme si, à force de vertige technologique, de géolocalisation, d'interconnexion, de partage ou d'e-santé maladive, imaginés, télécommandés, pilotés par quelques grands consortiums, le politique qu'il soit « -e » ou « IRL » avait, malgré Occupy Wall Street ou toute autre forme d'hacktivisme, déjà déposé les armes face à l'économique.

Certes, beaucoup aurait encore pu être dit dans cette pièce portée par la mise en scène de Perrine Maurin et co-écrite avec Gurshad Shaheman. Certes, le propos aurait pu aller bien plus loin, dépasser le simple militantisme romantique – paradoxalement presque normatif - pour gagner en force et sortir des milieux activistes déjà conquis. Mais la base du travail de réflexion post-digital est néanmoins bien présent. Abrupte, parfois obscure pour les non initiés, ceux à qui ne diront rien Tor, EDRI, FFII, la Quadrature ou autres Anonymous, mais elle est incontestablement présente. Ne reste plus qu'à voir si celle-ci,par son propos un brin élitiste, résiste néanmoins à la tyrannie du librement consenti.

http://www.ruedutheatre.eu/article/3032/controle/?symfony=df6a0251496860d187984f2825ff9b06

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Résister à la chaîne

Résumé

Ce projet est issu de la lecture de l’ouvrage « Résister à la chaîne », une suite d’entretiens de Michel Pialoux avec Christian Corouge, ouvrier syndicaliste chez Peugeot, rentré à 17 ans à l’usine de Sochaux (en 69) et membre du groupe de cinéastes Medvedkine. Insoumis dans son entreprise, dans son syndicat et dans son rapport à la culture, le livre retrace l'itinéraire de cet homme singulier sur 30 ans. Il ne s’agit pas ici de représenter Christian Corouge, mais plutôt de faire entendre sa langue, son univers, son parcours à travers la force narrative d’un travail conjoint entre théâtre et musique... Une forme entre concert et témoignage qui évoque le parcours d'un homme atypique, et qui se fait porte-parole de milliers d'hommes et de femmes broyés par un monde du travail impitoyable. Un portrait poétique et politique d'une saisissante actualité, en somme.

Un trio « rock » (guitare, voix-violon, batterie et divers objets) mené conjointement par le musicien Guigou Chenevier et la metteur en scène Perrine Maurin avec la participation du groupe Algecow (Bastien Pelenc et Thomas Barrière).

 

Le texte « Résister à la chaîne » 

Loin de se présenter comme « exemplaire », le parcours de Christian Corouge - tel qu'il est décrit dans ces entretiens - témoigne des espoirs et des désillusions d'une vie - comme celle de tant d'autres - travaillée au corps par des engagements forts (au sein de la CGT mais aussi au sein d'une aventure cinématographique unique, l'expérience Medvedkine) en lutte contre un système oppressif, celui de la plus grande usine de France : Peugeot. Sa rencontre avec la culture par l'intermédiaire de Paul Cèbe, dans les années 70 et via l'expérience Medvedkine, débouche sur une réflexion profonde concernant la culture, les intellectuels, l'usine mais surtout l'enjeu de la culture au sein du milieu ouvrier.

La spécificité de Christian Corouge c'est d'avoir toujours tenu à dire, en toutes circonstances, que les ouvriers avaient eux aussi une voix, qu'ils avaient eux aussi des choses à dire. Et la voix de Christian Corouge, nous l'entendons nous aussi dans ces entretiens, une voix singulière, vivante, musicale qui nous porte dans un monde brutal, celui de l'aliénation par le travail, et dans une sphère intime torturée, rendant compte de toute la complexité d'un individu pris dans une situation de brutalité sans nom.

« Qu'est-ce que la paix sociale, sinon une guerre à basse intensité? »

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© Jacky Joannès

Une forme musicale et textuelle - intentions artistiques

C'est à une suite de focus sur des instants (de vie, de colère, de rébellion) que nous invitons le public. L'espace musical fonctionne comme une loupe, permettant de s'arrêter sur un détail, une phrase, une atmosphère.

Cette plongée dans l'intime (sans jamais tomber dans le voyeurisme) est portée par la grande musicalité de la langue parlée de Christian Corouge. Les entretiens retranscrivent en effet sa langue telle qu'elle a été dite aux moments des enregistrements. Aucun "lissage" n'a été effectué. Il en ressort une poésie brute, un rythme évident (porté par un engagement fort) qui s'accorde d'une manière presque "naturelle" avec un travail musical.

L'approche musicale est par moment cinématographique, par moment très rock mais elle nous fait toujours naviguer dans une dramaturgie du fragment tout en douceur ou en ruptures.

Aucune chronologie n'a été respectée par rapport au livre. La sélection des passages obéit à une logique musicale qui permet de plonger dans une vie, de "rentrer dans une histoire" par petites touches, de manière quasi filmique, par gros plans ou élans successifs.

Le choix des textes privilégie le fragment tout en laissant place à des moments où des histoires complètes sont racontées. C'est une alternance entre des arrêts sur un détail, un mot, une tournure de phrase ; des moments où le parlé devient chanté, ou le murmure se fait mélodie, puis d'autres fragments surgissent, sans musique, fragments de textes engagés, de textes de réflexions, ponctués ensuite de rythmiques, de cris, de chants...

 

Équipe /// avec Thomas Barrière (guitare), Guigou Chenevier (batterie-percussions) et Bastien Pelenc (voix, violon) /// création lumière : Philipe Colin /// conseils vidéo et scénographiques : Lino Tonelotto /// régisseur son : Emmanuel Gilot

Partenaires /// Le spectacle est co-produit par le CCAM / scène nationale de Vandœuvre-lès-Nancy dans le cadre d’une résidence artistique et culturelle soutenue par le Conseil régional de Lorraine. Avec le soutien financier de la ville de Metz et du Conseil général de Moselle.

 

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