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Résister à la chaîne

Résumé

Ce projet est issu de la lecture de l’ouvrage « Résister à la chaîne », une suite d’entretiens de Michel Pialoux avec Christian Corouge, ouvrier syndicaliste chez Peugeot, rentré à 17 ans à l’usine de Sochaux (en 69) et membre du groupe de cinéastes Medvedkine. Insoumis dans son entreprise, dans son syndicat et dans son rapport à la culture, le livre retrace l'itinéraire de cet homme singulier sur 30 ans. Il ne s’agit pas ici de représenter Christian Corouge, mais plutôt de faire entendre sa langue, son univers, son parcours à travers la force narrative d’un travail conjoint entre théâtre et musique... Une forme entre concert et témoignage qui évoque le parcours d'un homme atypique, et qui se fait porte-parole de milliers d'hommes et de femmes broyés par un monde du travail impitoyable. Un portrait poétique et politique d'une saisissante actualité, en somme.

Un trio « rock » (guitare, voix-violon, batterie et divers objets) mené conjointement par le musicien Guigou Chenevier et la metteur en scène Perrine Maurin avec la participation du groupe Algecow (Bastien Pelenc et Thomas Barrière).

 

Le texte « Résister à la chaîne » 

Loin de se présenter comme « exemplaire », le parcours de Christian Corouge - tel qu'il est décrit dans ces entretiens - témoigne des espoirs et des désillusions d'une vie - comme celle de tant d'autres - travaillée au corps par des engagements forts (au sein de la CGT mais aussi au sein d'une aventure cinématographique unique, l'expérience Medvedkine) en lutte contre un système oppressif, celui de la plus grande usine de France : Peugeot. Sa rencontre avec la culture par l'intermédiaire de Paul Cèbe, dans les années 70 et via l'expérience Medvedkine, débouche sur une réflexion profonde concernant la culture, les intellectuels, l'usine mais surtout l'enjeu de la culture au sein du milieu ouvrier.

La spécificité de Christian Corouge c'est d'avoir toujours tenu à dire, en toutes circonstances, que les ouvriers avaient eux aussi une voix, qu'ils avaient eux aussi des choses à dire. Et la voix de Christian Corouge, nous l'entendons nous aussi dans ces entretiens, une voix singulière, vivante, musicale qui nous porte dans un monde brutal, celui de l'aliénation par le travail, et dans une sphère intime torturée, rendant compte de toute la complexité d'un individu pris dans une situation de brutalité sans nom.

« Qu'est-ce que la paix sociale, sinon une guerre à basse intensité? »

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© Jacky Joannès

Une forme musicale et textuelle - intentions artistiques

C'est à une suite de focus sur des instants (de vie, de colère, de rébellion) que nous invitons le public. L'espace musical fonctionne comme une loupe, permettant de s'arrêter sur un détail, une phrase, une atmosphère.

Cette plongée dans l'intime (sans jamais tomber dans le voyeurisme) est portée par la grande musicalité de la langue parlée de Christian Corouge. Les entretiens retranscrivent en effet sa langue telle qu'elle a été dite aux moments des enregistrements. Aucun "lissage" n'a été effectué. Il en ressort une poésie brute, un rythme évident (porté par un engagement fort) qui s'accorde d'une manière presque "naturelle" avec un travail musical.

L'approche musicale est par moment cinématographique, par moment très rock mais elle nous fait toujours naviguer dans une dramaturgie du fragment tout en douceur ou en ruptures.

Aucune chronologie n'a été respectée par rapport au livre. La sélection des passages obéit à une logique musicale qui permet de plonger dans une vie, de "rentrer dans une histoire" par petites touches, de manière quasi filmique, par gros plans ou élans successifs.

Le choix des textes privilégie le fragment tout en laissant place à des moments où des histoires complètes sont racontées. C'est une alternance entre des arrêts sur un détail, un mot, une tournure de phrase ; des moments où le parlé devient chanté, ou le murmure se fait mélodie, puis d'autres fragments surgissent, sans musique, fragments de textes engagés, de textes de réflexions, ponctués ensuite de rythmiques, de cris, de chants...

 

Équipe /// avec Thomas Barrière (guitare), Guigou Chenevier (batterie-percussions) et Bastien Pelenc (voix, violon) /// création lumière : Philipe Colin /// conseils vidéo et scénographiques : Lino Tonelotto /// régisseur son : Emmanuel Gilot

Partenaires /// Le spectacle est co-produit par le CCAM / scène nationale de Vandœuvre-lès-Nancy dans le cadre d’une résidence artistique et culturelle soutenue par le Conseil régional de Lorraine. Avec le soutien financier de la ville de Metz et du Conseil général de Moselle.

 

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